Terre de l'homme

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Enclaves et exclaves

 

 

Pendant longtemps, on a atermoyé au piédroit de Belvès. Dans ce cas concret, le panneau était à Monplaisant.

Photo, du 5 août 2016, © Pierre-Bernard Fabre

 

Nous ne manquons pas de "bizarreries" territoriales qui font que les habitants de certains secteurs d'entités ne comprennent pas toujours le bien-fondé de ces singularités historiques qui irritent mais ne savent ou ne peuvent pas les corriger.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_d%27enclaves_et_d%27exclaves_int%C3%A9rieures_de_la_France

 

Certaines incohérences sont connues, d'autres moins. Aujourd'hui, les résidents de Villeurbanne, commune de 150 000 habitants, à 7 km de Lyon, trouvent logique d'être des Rhodaniens. Leurs aïeux avant 1852, étaient Iserans bien que Grenoble soit à 104 km de là.

 

En 1967, lors de la tragédie de Feyzin, les secours ont un peu tardé. Feyzin, alors, était de l'Isère et les secours salutaires du Rhône, Lyon est à 13 km, ont eu quelques complications territoriales.

Il y a plus abscons encore, Escaunets, Luquet, Séron, Gardères, et Villenave-près-Béarn demeurent attachées au territoire et aux traditions du pays bigourdan. Elles sont situées dans les Hautes-Pyrénées (65) mais elles forment deux enclaves, de 19 et 23 kilomètres carrés, dans le département béarnais des Pyrénées-Atlantiques.

 

Revenons en Périgord. Le hameau de Vaurez est écartelé entre 3 communes : Pays de Belvès, à portée de voix, à 700 mètres pédestrement de la mairie par la rampe des Pénitents, Monplaisant, éloigné de 5 km, et Sagelat dont la mairie est à 2 km. On ne peut même pas dire qu'il s'agit de la séparation naturelle d'un cours d'eau qui existe mais d'un découpage beaucoup plus subtil.

 

 

 

On y était presque malgré un t central qui faisait... désordre. 

Photo © Pierre-Bernard Fabre

 

 

 

Le plus simple serait, pour se dégager de ces aberrations, après examen avec les citoyens de ces cas particuliers, soit d'unifier les communes, soit de revoir les limites territoriales. C'est dans ce sens qu'allait l'esprit des communes nouvelles. Cela paraissait un itinéraire empreint de bon sens d'autant plus que les deux mammouths de la vie politique du moment semblaient, une fois n'est pas coutume, aller dans le même sens. Le problème majeur ne venait pas de là. Les édiles sont attachés à leurs écharpes comme à la prunelle de leurs yeux et l'intérêt général a bien du mal à se frayer un chemin pour aller vers un regroupement, même s'il est cohérent, souhaitable et salutaire d'autant plus que les électeurs ne sont, en général, nullement  appelés à se prononcer en empruntant le chemin de l'isoloir.

 

Nous sommes -et serons donc pour longtemps- dans un pays truffé d'anomalies parce que l'intérêt général ne peut passer, dans ce cas précis, qu'après l'intérêt particulier de celles et de ceux qui n'entendent pas voir leurs prérogatives leur échapper.   

 

 

 

Là, on est bien à Vaurez mais sur le sol sagelacois.

Texte et photos © Pierre-Bernard Fabre

 

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Demain, mardi : deux génocides monstrueux inutiles et injustifiables.

Après-demain : volet n° 34 de la saga de Françoise Maraval.

Jeudi 11 : le reportage photographique de Bruno Marty sur la Fête médiévale de Belvès.

L'ordre de ces billets, éventuellement, peut être modifié. Cela  dépend du travail considérable d'assemblage de Bruno.

 



08/08/2022
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