Terre de l'homme

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Sur les Jeux Olympiques …..

 

Olympie

 

                                                                      Site d'Olympie

 

 

Jacques Lannaud revient sur les Jeux Olympiques qui se sont terminés le 8 août dernier et nous rappelle leur histoire et, au-delà du magnifique spectacle qu'ils nous ont offert,  les valeurs qui sont leur essence même. Dans quelques jours, débuteront, également à Tokyo, les Jeux Paralympiques (24 août - 5 septembre) où le spectacle du dépassement de soi, de l'amour du beau geste, nous donneront une nouvelle occasion, trop rare, de communion pacifique et universelle.

 

 

Les lumières et les flambeaux viennent de s’éteindre sur le stade olympique de Tokyo. Compétition sportive unique au monde, prenant ses racines dans la Grèce antique à Olympie dans le Péloponèse. On aurait pu craindre que ces Jeux prévus en 2020 et reportés à 2021, subissent les conséquences des restrictions sanitaires qu’imposait la pandémie du Covid 19.

Il n’en est rien : 5O millions de téléspectateurs ont suivi les épreuves télévisées chez nous, entre 5 et 10 minutes en moyenne, soit 6 millions de plus qu’en 2016 pour les Jeux de Rio..

 

 

olympie Charline picon

 

 

                                        la véliplanchiste Charline Picon, médaille d'argent

 

Par contre, les craintes étaient nombreuses en raison de salles souvent vides lors des épreuves qui obligeaient à se faire tester. Cependant, spectacle unique au monde , une foule dense et cosmopolite assistait aux cérémonies d’ouverture et de clôture.

 Chez nous, des millions de Français étaient rivés à leurs écrans. Les basketteurs qui jouaient à 4h30 du matin ont rassemblé 770 000 téléspectateurs, la finale de hand-ball 4,2 millions, la finale de volley 5,7 millions avec un pic 6,7 ; 4,2 millions pour les hand-balleuses.

 

olympie fleuret

 

                            Astrid Guyard et Marta Matyanova (escrime : fleuret par équipe)

 

Oui, le sport mobilise les jeunes et les moins jeunes, nous fait vibrer devant les images superbes de gymnastes ou d’athlètes qui développent, pour notre plus grand plaisir, des figures qui nous font crier de joie et nous permettent d’oublier un environnement bien moins enthousiasmant.

Comment, après avoir vu ces foules de téléspectateurs et de spectateurs ne voulant rien rater de ces combats, de ces luttes démesurées, de ces héros déployant toute leur énergie, intelligence, génie, puissance, adresse, souplesse, réflexe, pour remporter le trophée suprême, ne pas manifester son enthousiasme ; comment oublier ces courses, ces corps-à-corps, ces lancers du javelot, du marteau, ces sauts impressionnants au-dessus d’une barre qui, chaque fois, grimpe quelques centimètres plus haut, ces sauts gigantesques à la perche qui  fait franchir plus de 6 mètres, c’est mettre la barre bien haut…impressionnant. Pas seulement, c’est un consensus général, une communion universelle, c’est un acte de paix, une compétition de la générosité, de l’effort, développant son geste génial, mesuré, calculé.

Regardons de telles images et gardons en mémoire pour notre propre leçon, celles des Olympiades de  Berlin en 1936 où l’on a offert une magnifique tribune à ce dictateur-tyran qui n’était là que pour faire entendre ses discours racistes, anti-sémites, haineux et violents, auxquels de faibles démocraties n’ont pas su répondre et accordons quelque compassion à Pierre de Coubertin qui s’est égaré dans ce mythe obscur.

 En regardant ces magnifiques épreuves, je ne peux m’empêcher de penser à la réussite de l’athlète, à l’exigence et à la discipline qu’il a investies au service de son sport, à cette fusion inexorable de l’esprit et du corps pour obtenir la puissance, la résistance, la mesure......le dépassement de soi qui fait qu’au-delà de la réussite et de la gloire, l’homme-athlète a, peut-être, entrevu le Nirvana.

Je pense à ces hommes de toutes origines qui se lancent des défis courageux, à ces audacieux quelque peu inconscients qui affrontent sur les pentes raides des plus hauts sommets, subissent des souffrances, parfois, dépassant l’intolérable et qui, tout en haut, contemplent le monde à leurs pieds. Disparues leurs souffrances physiques et morales, ils ont atteint leur Nirvana.

 

zeus
Hera

 

                           temple de Zeus                                                                      temple d'Héra

 

Je plonge dans mes souvenirs en arpentant ce sanctuaire d’Olympie dans la petite plaine de l’Elide dans le Péloponèse, sur la rive droite de l’Alphée au pied de la colline de Kronion où, dans des temps reculés, on célébrait le culte de Kronos, allusion au temps qui roule et que l’on dévore, comme le Dieu lui-même dévorait ses enfants, et de Gê, la Terre-Mère. Culte auquel succéda celui des dieux de l’Olympe Héra et Zeus. Et, dans les ruines du temple de Zeus, d’Héra, du Métrôon, de l’atelier de Phidias, au pied de la victoire de Paionios, le gymnase, le Pallestre, les thermes du Kladeos et, plus loin, après ces colonnes brisées et ces ruines affalées, au-delà du portique Sud et du Portique d’Echo, le stade olympique que je foulais, pensant à ces temples magnifiquement décorés, à ces dieux grecs présents pour honorer les athlètes qui allaient se livrer à leurs Jeux panhelléniques dont le plus prestigieux : la course de Marathon. Au milieu de ces pins et des oliviers, ils ont couru, lutté, lancé le javelot, boxé.....après s’être préparés soigneusement, démontrant aux dieux qu’ils étaient, peut-être, d’essence divine, devant des spectateurs eux-aussi médusés.

Le roi de Sparte, Agésilas II, dans une épreuve réservée aux athlètes masculins, incite sa sœur Cynisca à concourir avec son quadrige. Elle remporte deux fois la course en 392 et 396 av.J.C.. Sa statue est, ensuite, érigée sur l’esplanade du sanctuaire avec les mots suivants :

                           « Mes ancêtres et mes frères furent rois de Sparte. Moi, Kyniska, vainqueur avec un char de chevaux rapides, j’ai érigé cette statue. Je déclare être la seule femme de toute la Grèce à avoir reçu cette couronne. »

Maintenant, le flambeau olympique que les Vestales avaient rallumé au pied de ces temples pour célébrer les Jeux de Tokyo, a regagné le site. Mais, le drapeau olympique flotte, à présent, sur l’esplanade parisienne, en attendant 2024.

Les Jeux olympiques, c’est une civilisation, l’égalité hommes-femmes et des épreuves mixtes, une démocratie comme celle que nous a léguée la Grèce antique : dépassement de soi, certes, mais aussi recherche de la gloire et du bonheur.

Que les dieux de l’Olympe continuent de protéger l’ambition de ces athlètes et le culte de l’effort dont nous avons tous tant besoin, en ce moment !

   

 

 

  Jacques Lannaud

 

   



21/08/2021
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