Terre de l'homme

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Connaissez-vous Marie Marvingt ? par Françoise Maraval (partie I)

 

 

 

Marie Marvingt au début du 20ème siècle

 

 

 

Connaissez-vous Marie Marvingt ?

Non ! Vous n’allez pas être déçus…

 

Il m’arrive d’écouter d’une oreille distraite les résultats sportifs de la semaine, le dimanche soir. À plusieurs reprises, j’ai entendu parler du stade « Marie Marvingt » du Mans à propos de son équipe de foot et j’ai fini par aller voir qui se cachait derrière ce personnage.

 

Elle est née à Aurillac, le 20 février 1875. Son père est receveur des postes. Passionné de sports, il initie sa fille, dès son plus jeune âge, aux disciplines sportives qu’il aurait voulu enseigner à ses 3 fils décédés prématurément.

 

La petite Marie commence le sport très tôt par la natation : elle dit avoir appris à nager en même temps qu’elle a appris à marcher. À quatre ans , elle est capable de nager pendant plusieurs kilomètres, quotidiennement, dans la rivière Jordanne. Parallèlement, elle apprend aussi l’escalade et le billard.

 

En 1880, la famille Marvingt retourne en Lorraine où le père et la mère s’étaient rencontrés. Elle apprend l’allemand à l’école et parle français à la maison. Là, passionnée par le monde du cirque, elle suit une formation de funambule, de trapéziste, jongleuse et cavalière avec le cirque Rancy. Elle devient une gymnaste accomplie.

Sa mère meurt en 1889 ; Marie a 14 ans. La famille s’installe alors à Nancy. Outre l’équitation apprise au cirque, Marie s’initie au vélo, et scandalise les Nancéiens peu habitués à voir une jeune fille sur une bicyclette. À quinze ans, elle réalise ses premiers exploits : elle accomplit le trajet Nancy-Coblence en canoë par la Meurthe et la Moselle, encouragée par son père qui s’implique totalement dans l’entraînement de sa fille.

 

En 1899, elle devient l’une des premières femmes titulaires du certificat de capacité pour la conduite automobile.

 

Elle obtient également une licence de lettres et s’inscrit dans plusieurs universités. Elle étudie la médecine et le droit, apprenant au passage à parler plusieurs langues dont l’espéranto. Elle obtient son diplôme d’infirmière de la Croix-Rouge.

 

Marie Marvingt dort quatre à cinq heures par jour. Elle refuse de se marier et d’avoir des enfants. Pendant son temps libre, elle publie des poèmes sous le pseudonyme de Myriel.

 

Sportive accomplie, elle participe à sa première course cycliste Nancy-Bordeaux en 1904. L’année suivante, elle prend part à une autre grande course : Nancy-Milan puis Nancy-Toulouse en 1906. Elle adopte la jupe-culotte, les femmes n’étant pas autorisées à porter des pantalons.

En 1908, elle pose sa candidature pour participer au Tour de France. Devant le refus des organisateurs, elle effectue le même parcours que les hommes, en prenant le départ, quelques minutes après eux. Elle serait parvenue à terminer la compétition, comme 36 des 114 compétiteurs hommes.

 

Nageuse, elle serait parvenue à accomplir les 12 km de la traversée de Paris à la nage, en juillet 1906. En septembre 1907, elle remporte la traversée de Toulouse dans un temps de 1h 26 mn 50 s, devançant ses plus proches poursuivantes de plus de trois minutes.

 

 

Marie Marvingt s’illustre aussi dans de nombreux sports de montagne.

 

En juillet 1905, elle fait la première féminine de la traversée Charmoz-Grépon en compagnie des guides Édouard et Gustave Payot, en 18 heures.

Elle a également gravi la Dent du Géant, la Dent du Requin, le Mont Rose, la Jungfrau, les aiguilles Rouges, le Wetterhorn et l’aiguille du Moine.

 

Entre 1908 et 1910, elle remporte plus de vingt médailles d’or à Chamonix dans différentes disciplines : ski, patinage artistique et de vitesse, concours de saut, ou encore gymkhana sur glace.

 

Le 26 janvier 1910, elle remporte la première compétition féminine de bobsleigh à Chamonix, au cours de la coupe Léon Auscher.

 

 

 

 

 

Marie dans une course de ski dames au Lioran en 1911

 

 

 

 

Marie en luge à Chamonix le 3 février 1912

 

 

 

 

Les aviateurs Marie Marvingt et Paul Echeman au ski en 1912

 

 

 

 

Marie, aux alentours de Chamonix en 1913

 

 

Décrite comme la « première sportswoman du monde », elle reçoit la grande médaille d’or de l’Académie des sports en 1910. Il s’agit de la première et dernière fois que l’Académie distribue un prix « toutes disciplines ».

 

Dans l’édition du 15 avril 1913 de Lectures pour tous, Armand Rio la surnomme « la fiancée du danger ».

 

Il n’est pas un sport où elle ne brille pas : en 1907, elle obtient le prix d’honneur de tir au fusil de guerre à 300 mètres et de tir à la carabine Flobert à des concours organisés par le ministère de la Guerre.

 

Ne partez pas, ce n’est pas tout !

 

Marie Marvingt effectue son premier vol accompagné en Ballon libre en 1901 et en obtient le diplôme. En 1910, elle gagne le premier prix du concours de distance de l’Aéro-Club de L’Est avec un vol en aérostat de Nancy à Neufchâteau.

Le 26 octobre 1909, elle devient la première femme à piloter un ballon, l’étoile filante, au-dessus de la mer du Nord et de la Manche vers l’Angleterre. Emportée par le vent vers la Hollande, avec son passager Émile Garnier, elle entreprend une sortie de 720 km pendant 14 heures. À 2500 m d’altitude, la neige tombe sur le ballon, obligeant les passagers à délester. Volant à très basse altitude, la nacelle touche l’eau à 52 reprises et retrouve assez d’altitude pour éviter les falaises. En pleine nuit, les deux aéronautes essaient d’atterrir, mais la nacelle touche des arbres ; Marie Marvingt est éjectée et touche le sol. Accueillie par des habitants pour la nuit, elle déclare, le lendemain, garder un bon souvenir du périlleux voyage.

 

En octobre 1910, sur aéroplane monoplan, Antoinette Marie Marvingt passe les trois épreuves du brevet de pilote aviateur à Mourmelon. Elle devient officiellement titulaire du brevet de pilote de l’Aéro-club de France. À cette occasion, elle devient la troisième femme au monde à obtenir un brevet de pilote après Élisa Delaroche et Marthe Niel.

Le 27 novembre, elle établit le premier record féminin de durée de vol avec 53 minutes. Elle cumule 717 vols de mai à décembre 1912 sans la moindre casse.

 

 

 

 

Marie

 

 

Mais, la Première Guerre mondiale met fin à sa carrière d’aviatrice sportive.

 

 

Françoise Maraval

 

 



05/03/2025
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