Terre de l'homme

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La route des crêtes

couverture livre 3

 

 

 

 

Je souhaitais attirer votre attention sur cet ouvrage paru, récemment, que l'on doit à Gérard Florès, actuel président du comité de Sarlat de la Légion d'honneur et bien d'autres choses encore mais, surtout, pour ce qui nous intéresse ici, passionné de poésie et d'histoire des fonderies du pays d'Ans.

Il nous livre, ici, un recueil de poèmes pour raviver la mémoire « d'une grande aventure humaine et industrielle » et de cette forge d'Ans construite en 1691, au confluent du Blâme et de l'Auvézère et qui a fourni en canons, les navires du roi de France, de la République et de l'Empire jusqu'en 1830.

On y trouve les maîtres de forge, les charbonniers, le Blâme, la forêt Barade, Jacquou le croquant ...

Gérard Florès rend, aussi, hommage dans ses poèmes, aux hommes et aux femmes qui ont oeuvré pour que survive la mémoire de cette histoire des fonderies, à travers, notamment, Le Cercle de Recherche des Fonderies du Pays d'Ans et de la route des canons

 

 

forge d ans

 

                                                               " Les deux géants  "                                 

 

                               source Archives départementales de la Dordogne 

 

 

 

Catherine Merlhiot 

 

 

Quelques recherches sur le site des Archives départementales de la Dordogne m'ont éclairée sur cette route des canons :

 

"C’est l’occasion de revenir sur l’histoire de ces « routes des canons » qui, aux XVIIe et XVIIIe siècles, acheminaient, en Limousin, Périgord et Angoumois, les canons pour l’arsenal de Rochefort. Une industrie à la campagne qui allait avoir, pendant plusieurs décennies, un impact sur le territoire.

Car, il a fallu aménager des cours d’eau pour faire tourner les moulins et les forges, exploiter les forêts pour les bois de construction et la fabrication du charbon, créer ou améliorer des chemins pour le transport jusqu’aux ports de rivière d’où les canons étaient acheminés par couraux sur la Vézère puis la Dordogne au sud, sur la Charente au Nord. La Vézère a dû être rendue navigable depuis les ports de Peyzac-Le-Moustier ou Saint-Léon-sur-Vézère jusqu’à l’embouchure de l’estuaire, et des chemins de halage la bordaient pour permettre de tirer les bateaux. Ces diverses réalisations ont durablement marqué les paysages, comme en témoignent, aujourd’hui, les monuments (hauts-fourneaux, moulins, châteaux et demeures de maîtres de forge…) ou les noms des lieux-dits (Forgeneuve, Forge d’Ans…)

Les commandes royales étant destinées à équiper la flotte du Ponant, les opérations maritimes au Nouveau Monde (guerres et lutte contre la piraterie) vont susciter une demande croissante de matériel militaire. Elles feront, ou vont accroître, la fortune de certaines familles (Hautefort, Auberoche, Abzac, Arlot, Segonzac, entre autres). Le marquis François d’Hautefort qui faisait déjà produire des canons à Auberoche par le fondeur François Lalande, dont il payait le loyer de la forge, avait le projet de posséder sa propre forge. Elle sera construite en 1691 à la Boissière-d’Ans et François d’Hautefort délaissera peu à peu Auberoche pour la Forge d’Ans, d’où la « route des canons » partira, désormais, pour rejoindre le port du Moustier. En 1692, un tiers des canons produits en France proviennent des forges d’Ans et Auberoche, soit 200 sur 600. Bertrand d’Hautefort n’aura pas le même succès que son père dans la gestion de la forge dont l’activité va décroître au siècle suivant.

Après la Révolution, la Convention confisque certains biens possédés par des nobles émigrés, puis le Comité de Salut Public réquisitionne des forges pour les besoins des Armées de la République. Les forges d’Ans dont le ministre Bertin qui les avait acquises en 1771, avait fait une industrie prospère, sont revendues le 2 décembre 1791 par la marquise de Taillefer (née d’Arlot de la Roque) au fermier Festugière, qui exploitait ces forges, depuis quelques années. L’activité se développe, Festugière construit ou acquiert de nouvelles forges*, il embauche également. Le jeune Thomas-Robert Bugeaud y travaille quelque temps en 1803 ; mais, Jean Festugière lui conseille plutôt une carrière militaire, à raison, car le jeune homme sera Maréchal de France. En 1811, la forge d’Ans est la plus importante du département .

 

 

la forge d\\\' Ans et la maison

 

 

Jean Festugière décède en 1829 et transmet l’activité à ses deux fils, Adrien et Eugène. Mais, l’Europe s’industrialise et la concurrence est de plus en plus forte. La forge d’Ans est vendue en 1862. En 1858, Georges Festugière, fils d’Eugène, participe à la fondation de la forge de Brousseval en Haute-Marne, qui perpétuera l’activité sidérurgique de la famille."

 

Source : Archives départementales de la Dordogne

 

 

*en 1811, la forge-neuve sur la Manaurie et, en 1814, la forge des Eyzies sur la Beune

 

 

 



02/03/2023
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