Terre de l'homme

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Le Beaujolais nouveau est arrivé

 

Une micro-tribune œnologique

d'Alain Rosier 

 

 

Le mois de novembre, dans notre culture, s'impose, certes, pour le chemin de la mémoire. Son côté traditionnaliste n'exclut cependant -en aucune façon- le partage d'autres moments conviviaux, sur des sentes bien rituelles en rendant hommage à la vigne et à ceux qui perpétuent un savoir-faire ancestral.   

 

Alain Rosier

 

Image "Le Dauphiné"

Rappelons qui est Alain Rosier.

 

Sommité de cette science qu'est l'œnologie, Alain est incontournable. Meilleur sommelier de France en 1976, il devint médaillé de bronze es qualité de meilleur sommelier du monde en 1986.

Alain, certes, n'est Belvésois que d'adoption. Il a spontanément aimé les reliefs "capelans" de la terre natale de Monique, sa compagne, et partage avec elle une vie de "pays bessédois", chargée de petites histoires où le vin, depuis le terrible phylloxéra, a perdu la place qu'il occupait sous l'Ancien Régime.

 

P-B F

 

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Pourquoi fête-t-on le Beaujolais nouveau ?

Tout commence en 1951 quand un nouvel arrêté interdit aux vignerons de commercialiser leurs vins avant le 15 décembre de l’année de vendange. 

Les vignerons du Beaujolais ayant l’habitude de commercialiser leurs vins avant cette date, l’Union viticole du Beaujolais demande alors l’autorisation de pouvoir vendre les vins en primeur avant le 15 décembre.

Cette demande a été acceptée le 13 novembre de l’année 1951, à condition de mentionner « nouveau » sur l’étiquette des bouteillesC’est donc à ce moment-là qu’est né officiellement le Beaujolais nouveau ! Il a été commercialisé pour la première fois le 15 novembre 1951.

De 1951 à 1967, la date de sortie du Beaujolais nouveau n’était pas fixée à un jour précis, elle variait donc en fonction des années.

De 1967 à 1985, la date de sortie a été fixée au 15 novembre.

Depuis 1985, la date de sortie officielle est fixée au troisième jeudi de novembre à minuit (donc dans la nuit du mercredi au jeudi).

 

Au fil du temps, la sortie du Beaujolais nouveau est devenue un véritable événement, célébré aussi bien en France que dans le reste du monde ! Et ce qui fait probablement le succès de ce vin primeur, c’est son image festive et conviviale … Sans oublier son prix abordable (du moins en France) et son côté facile à boire.

 

 

 

Quelle est la différence entre Beaujolais nouveau et primeur ?

Par réglementation des AOP, un vin est dit primeur s'il est mis en bouteille avant le printemps, et nouveau, si c'est avant la vendange suivante. Donc, légalement, le Beaujolais nouveau est aussi un vin primeur en raison de sa mise sur le marché, dès le troisième jeudi de novembre

 

Les vins primeurs sont commercialisés en France et en Europe, ils se présentent  en rouge, rosé et blanc. L'Espagne propose ses vinos jovénes et l'Italie ses vini novelli. Les vins primeurs en AOP (beaujolais, touraine, gaillac, côtes-du-rhône, etc.) arrivent sur le marché, dès le troisième jeudi de novembre.

Pour les IGP primeurs (anciens vins de pays), la date de commercialisation est libre, ce qui permet à certains d'être commercialisés dès la fin octobre.

La technique pour obtenir des vins primeurs rouges est parfaitement maîtrisée. Il s'agit d'une macération courte d'une vendange en grappes entières de trois jours au maximum. Cela leur permet d'acquérir une robe claire aux couleurs rubis vif. Quand ces vins sont élaborés selon la technique de macération semi-carbonique, ils dégagent au nez un fruité intense de petits fruits rouges (groseille, cerise, framboise, fraise, myrtille), avec des notes florales. En bouche, ils se caractérisent par des notes fraîches, florales et fruitées, de la souplesse et une touche acidulée.

 

Mais, au-delà de ces considérations techniques, ne faut-il pas voir dans l’arrivée du vin nouveau, une fête en partie païenne ?

Notions de renouveau, de résurrection, de régénération, de récompense du travail accompli,……….ou, bien plus simplement, le plaisir de boire bon…….car, ne l’oublions pas, avant la généralisation de l’usage des bouteilles (fin 17ème-début 18èm) les vins restaient dans des fûts plus ou moins pleins et ceci jusqu’à une époque récente.

Les boisés excessifs, les oxydations, les piqûres acétiques, et j’en passe, laissaient enfin la place à la fraîcheur de la jeunesse.

 

A boire sans trop de modération  ainsi que le propose la devise des Compagnons du Beaujolais : Vuidons les tonneaux !!!

 

 

Alain Rosier



12/11/2021
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