Terre de l'homme

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Le Valech, un cours d'eau karstique

 

Le Valech, un cours d'eau karstique

 

Voie d'eau naturelle à écoulement pérenne ou intermittent, superficiel ou souterrain, traversant des terrains fissurés en général calcaire (zone de karst) et pouvant subir des pertes ou bénéficier d'apports dus à des résurgences.

Source d'après Ministère chargé de l'environnement et OFB

 

 

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Le Valech, par validation de la majorité des élus des communes qui bordent son cours, est en voie de retrouver son hydronyme historique. D'autres, à l'unanimité à Saint Germain et, majoritairement, à Saint Laurent -et c'est leur droit le plus absolu- ne souhaitent pas aller vers ce  ressourcement. Ils préfèrent continuer de l'appeler la Vallée, terminologie banale issue de dérives antérieures. 

Là n'est pas le thème du billet de ce jour.

Ce sillon qui, par son toponyme pluriséculaire, désigne un talweg humide, depuis près d'un siècle, a perdu sa pérennité et son écoulement permanent perdu depuis près d'un siècle, n'est plus, aujourd'hui, que de lointains témoignages de pêcheurs d'écrevisses des années 20.

N'ajoutons pas aux conditions météorologiques de notre siècle, des situations qu'elles n'ont pas. Le Raunel, en 2022, a échappé au tarissement total. Quand il arrivait à la Nauze, il n'était certes plus qu'un mince filet d'eau. Le Valech, lui, a tari à la fin du printemps dernier ; et, depuis, s'il a pu, au bénéfice des pluies d'hiver, repartir sur son cours supérieur, n'a pas eu assez de puissance pour atteindre la confluence saint germano-carvésoise avec le Neufond qui, lui, a  réussi en décembre, à renaître.

 

La confluence désigne à la fois la rencontre entre deux cours d'eau et le site où se produit cette rencontre, aussi appelée le confluent. Les cours d'eau qui se rencontrent, n'en forment alors plus qu'un, qui garde le nom du cours d'eau le plus important en débit, bien qu'il existe de nombreuses exceptions.

  

Ce qui est à craindre, c'est que le tarissement se prolonge au-delà d'une année calendaire.

On notera que la Beuze a repris tout comme le Neufond.

Les causes des disparitions des petits cours d'eau sont multiples. Les précipitations ont toujours été plus ou moins variables, au cours des décennies antérieures mais, force est de constater que d'autres paramètres affectent ces déversements de cours d'eau. La disparition de bon nombre de chemins ruraux, équilibrés par des rigoles d'évacuation des eaux pluviales, la multiplication des retenues  privatives, l'entretien plus qu'aléatoire des lits des cours d'eau, l'éradication des haies bordant les parcelles, le déboisement des feuillus, régulateurs d'un minimum d'humidité, figurent certainement parmi les causes qui troublent la vie des sources et, naturellement, des cours d'eau.

 

 

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Ce mois de Pluviôse n'a pas connu une seule journée de pluie et Ventôse n'a pas corrigé la courbe... loin s'en faut.

 

Qu'est-ce qu'un cours d'eau.

La loi n°  2016-1087 du 8 août 2016 pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages, a introduit dans le code de l'environnement, une définition des cours d'eau. Les trois critères utilisés dans cette définition sont issus de la jurisprudence du Conseil d'État (notamment son arrêt du 21 octobre 2011, EARL Cintrat/Ministre de l'écologie, n°  334322). L'article L. 215-7-1 du code de l'environnement dispose : « constitue un cours d'eau, un écoulement d'eaux courantes dans un lit naturel à l'origine, alimenté par une source et présentant un débit suffisant, la majeure partie de l'année. L'écoulement peut ne pas être permanent, compte tenu des conditions hydrologiques et géologiques locales ». Ainsi, un ruisseau dont l'écoulement est intermittent, peut être qualifié de cours d'eau. Toutefois, un milieu caractérisé par un écoulement exclusivement alimenté par des épisodes pluviaux locaux, ne saurait être considéré comme un cours d'eau. L'appréciation doit donc être locale. À l'effet de clarifier le droit applicable dans chaque département, les services du ministère de la transition écologique et solidaire se sont engagés, à la suite de l'instruction du 3 juin 2015 relative à la cartographie des cours d'eau et à leur entretien, dans un travail d'identification des cours d'eau. Cette approche pragmatique tient compte des usages locaux et des spécificités géo-climatiques.

 

La loi reconnaît donc l'intermittence pour les cours d'eau mais, semble-t-il, le législateur écarte les épisodes pluviaux locaux. Tout est donc dans la nuance. Il semblerait cependant bien dommageable à notre patrimoine que le Valech, ou la Vallée pour celles et ceux qui rejettent la renaissance historique, que ce lien dont les intermittences se prolongent, perde l'hydronyme de cours d'eau.

 

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À gauche, le lit à sec, le 15 mars 2023, en aval de la passerelle. L'image du centre, à 50 m en amont du pont de la R.D. n° 53, les derniers litres de l'écoulement. Sur l'image de droite, on a du mal à découvrir  les ultimes gouttes d'eau qui disparaissent sous le tapis de feuilles.

 

 

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Après une sècheresse hivernale peu commune et après avoir résisté, jusqu'à la dernière limite, le Valech tire sa révérence.

 

Texte et photos © Pierre Fabre



21/03/2023
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