Terre de l'homme

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Nos petits cours d'eau auraient, peut-être, mérité plus de soutiens, volet n° 1.

BASSIN NAUZÉROIS

la rencontre des amis des petits cours d'eau 

 

 

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Photo © Pierre Fabre

 

 

Les petits ruisseaux font les grandes rivières.

 

Ce mardi 17 décembre, à 17 h, à la mairie de Monplaisant, un collectif de réflexion sur la dénomination des tout petits cours d'eau du bassin de la Nauze a réuni une bonne douzaine d'amis de ces liens hydrauliques.

 

Jean-Bernard Lalue, le maire de la commune, et Marie Praderie, première maire-adjointe, ont accueilli leurs collègues de ce bassin de vie et des citoyens sensibilisés à la vie de ces legs de la nature qu'il semble impératif de préserver. Ils pouvaient reconnaître Georges Dejonghe, maire de Salles, Christian Léothier, maire du Pays de Belvès, Sébastien Fongauffier, maire de Grives, Jean-Pierre Passerieux, maire de Saint Germain et remarquer la présence de Lydie Garrigue, élue de Sagelat, qui représentait son équipe municipale.

 

L'intervention d'Isabelle Petitfils, géographe, fut une reviviscence de souvenirs d'une enfance et d'une jeunesse dans le pays des Beunes avec bien des détails sur l'étymologie, parfois interrogative, de ces points fontainiers, notamment Font de Gaume, Font Peyrine. Isabelle a pointé le rôle vital des zones humides que la modernité, trop souvent, n'a pas su préserver.

Isabelle, naturellement sensible aux hydronymes oubliés, pense à ces tout petits filets d'eau souvent blottis dans des ronciers. Pour elle, c'est un patrimoine très vulnérable, à transmettre. Il n'a pas de frontières. Il est bien sûr à nommer, à ne pas oublier et à léguer.

Son exposé fut un florilège de sémantique ; ainsi, on apprend pourquoi nos ancêtres ont su, avec justesse, nommer les cours d'eau. Elle voudrait que l'on recueille au maximum ce capital d'informations des aînés qui jouent le rôle de passeurs de mémoire.

 

Bruno Marty projeta une sélection d'images de nos rus et ruisseaux. Il a parfaitement su mettre en relief les détails, parfois surprenants, de ceux-ci. Dans le cercle des amis des cours d'eau, la question majeure de l'intermittence fut soulevée.

 

La loi biodiversité L251-7.1 article 118 a reconnu trois critères majeurs, cumulatifs (à vérifier simultanément), pour l’identification de cours d’eau :

  • L’existence d’un lit naturel à l’origine.
  • L’alimentation par une source
  • Un débit suffisant, une majeure partie de l’année,

 

 

Christophe Audivert, technicien de rivière du SMETAP, est un de ces gardiens du temple qui savent mesurer les erreurs humaines, par exemple les modifications de lit, les altérations inhérentes aux accès désordonnés des animaux etc.  Christophe, ce mardi, "a réexploré" le bassin nauzérois. À l'écran, il a suivi chaque segment qui, pour un cours d'eau de 17, 2 km, reçoit plus de 100 km d'adjuvants.

Christophe s'est attardé sur les anciennes cartes dont celle de Cassini. Il a repris tous les plans cadastraux dits napoléoniens et a suivi l'évolution des hydronymes. Ainsi, si la Nauze  n'a connu qu'une infime particularité lexicographique, ce n'est pas le cas pour les affluents qui ont connu divers changements. Il n'est pas allé jusqu'au Valech, cité, au masculin et féminin, dans le dictionnaire de Gourges, mais il a relevé que la Vallée s'appela le Sécalou, au niveau du Moulin du Renard ou Fontfroide, dans le goulet entre Carves et Sagelat. La Grille fut également appelée Le Landrou, etc.

 

Lavandières à la Grille

 

Au début du siècle précédent, les lavandières au lavoir de La Grille. 

Photo © Antoine Carcenac

 

Pour terminer, Christophe pense qu'il serait bon d'enrichir de panneaux, les franchissements de nos ruisseaux. Pour l'heure, seul un panneau indique la traversée de la Nauze à Siorac.

 

Jean-Bernard Lalue a fait part des réticences rencontrées chez les riverains des petits cours d'eau qui n'ont pas de noms. Plusieurs de ces derniers manifestent une opposition à ces identifications. Jean-Bernard s'est réjoui que l'hydronyme du Raunel, avec les jalons d'adressage, figure tant à Saint Pardoux, qu'à Monplaisant et Siorac.  

Jean-Pierre Passerieux a cité les affluents de la Vallée. On peut remarquer  que, parmi eux, Christophe a souligné dans son exposé, La Rouquette : "Ravine de la Combe du Bos" et "Ravin de la Combe de Lavergne" (CN  Cladech). Notons que la terminologie de Ravine figure dans les repères du récent plan d'adressage saint-germinois.

 

 

Groupe restreint

 

Photo © Bruno Marty

 

Oui, ce groupe de réflexion fut un moment d'échanges, presque confidentiel mais Isabelle, Bruno et Christophe furent passionnants.

 

Ils restent à la disposition des animateurs de la vie citoyenne pour reprendre le fil de l'eau.

 

 

Pierre Fabre

 

 

La Nauze Sagelat pont des abbesses (vers 1900)

 

 La Nauze à Sagelat, au pont des abbesses de Fongauffier, vers 1900.

Contribution Christophe Audivert SMETAP.

 

 

La Nauze Sagelat pont des abbesses (1900)

 

 Autre image de La Nauze à Sagelat, au pont des abbesses de Fongauffier, vers 1900.

Contribution Christophe Audivert SMETAP.

 

 

 



18/12/2024
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