Terre de l'homme

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Ventôse le bien nommé

Depuis que le monde est monde, les érudits ont cherché à concevoir des calendriers.

 

Notre calendrier usuel, œuvre de la Curie du pape Grégoire, est certainement d'un esprit mathématique grandement calculé. Malheureusement, la mécanique céleste, elle n'a cure de nos détails mathématiques terrestres, pose le problème de comptes qui n'épousent pas une simplicité évidente. Ainsi, nous avons des années bissextiles et même des années séculaires.

Le "défaut" majeur du calendrier grégorien est de ne pas avoir su, ni pu, se caler sur les saisons.

 

Les révolutionnaires, eux, se sont frottés à cette complexité mais, eux aussi, avaient à affronter cette insoluble complexité de la mécanique céleste.

Ces concepteurs d'un calendrier parfaitement laïque ont cependant mis en conformité leurs mois avec les saisons. Mon illustre homonyme nous a laissé de fort jolis substantifs pour désigner les mois républicains. La légende raconte qu'il se plaignit sur la charrette qui l'amena à l'échafaud, non de l'épouvante bien naturelle de l'affreuse fin qui l'attendait le 17 germinal an II (le 5 avril 1794), mais de ne point avoir terminé son philinte. Le poète aurait été rudoyé, lors de ce terrible mouvement de leur dernier jour, par son mentor Danton, caustique à l'envi.  

 

Nous avons tous dit que les années se suivent mais ne se ressemblent pas. Cette année, Nivôse a largement pourvu nos montagnes de neige, Pluviôse n'a pas raté son rendez-vous et pour ouvrir ce mois de Ventôse, nous avons été nombreux à penser aux "Hauts de Hurlevent" (Howlevent tops).

 

 

Ventose.jpg

 

 

Image du Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=639003

 

Salvatore Tresca, (né à Palerme vers 1750 – décéda à Paris en 1815). Ce dessinateur et graveur italien a fait carrière en France. Cet artiste se situe parmi les graveurs qui, à partir de la fin 1795, produisent plusieurs fois par an, des gravures de genre, d'une grande liberté de ton.

La gravure de Tresca, œuvre dessinée entre 1797 et 1798, par Louis Lafitte, immortalise Ventôse, mois équivalent à la période de la dernière décade de février et aux deux premières décades de mars. Le Soleil est au signe des poissons.

 

 

La Nymphe du Rivage aux Poissons fait la guerre

Dans ce Mois où les Vents déchaînés par les eaux

Les font rentrer au Fleuve & rendent à la Terre

La Prairie où les Fleurs ramènent les Oiseaux.

 

Salvatore Tresca, en 1794

 

 

Pierre Fabre



24/02/2021
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