Terre de l'homme

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De quoi piquer une crise.

 

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On assiste depuis peu à une recrudescence de cas de violence. Ce phénomène, s'il est particulièrement visible dans les stades, n'épargne cependant aucun secteur de la société.

Jusqu'il y a peu, nous avons tous fait preuve de patience et de résilience mais la pandémie se prolonge, ralentit parfois, donne de faux espoirs et repart de plus belle. Cette oscillation a un mauvais effet sur le moral et l'équilibre de nos concitoyens. Les pouvoirs publics et les spécialistes de la santé s'accordent sur la conduite à tenir ; mais, ce qui a, pour la plupart d'entre nous, un caractère d'évidence, ne saute pas aux yeux de personnes qui sont réticentes ou hostiles à des solutions telles que la vaccination ou le passe sanitaire. La durée de la crise (près de 2 ans) exacerbe les esprits. Cette opposition aux mesures suggérées ou imposées, incite quelques-uns à se servir de la pandémie comme d'un cheval de Troie, d'où de nombreux cas de violence au cours des manifestations.

Cette crise a un coût financier, les aides pour protéger notre économie auront un terme : on ne peut augmenter indéfiniment le montant de la dette.

Cette crise a un coût social : elle pèse sur la santé mentale de nos concitoyens. Une vie sociale saine s'accompagne toujours de rituels : rapprochement physique, poignées de mains, embrassades, divertissements en commun. Le port du masque, le confinement, les gestes barrière sont parfois perçus comme une limitation de nos libertés individuelles et mettent à mal le désir d'être ensemble.

 

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En outre, cette crise sanitaire aggrave les inégalités : comment échapper à la solitude, à la promiscuité dans un petit logement, comment faire du télétravail quand on ne maîtrise pas le numérique, comment retrouver du travail quand des entreprises ont mis la clef sous la porte ?

Dans cette détresse morale et financière, ce sont les femmes et les enfants qui subissent la double peine. On assiste aujourd'hui à une recrudescence sans précédent de violences, de maltraitances à leur égard.

En période de crise, une société cherche toujours des responsables ou des boucs émissaires. C'est chose faite : on s'attaque parfois aux soignants, aux médecins, aux pharmaciens, on saccage des centres de vaccination et on s'en prend même aux forces de l'ordre qui les protègent.

 

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                      Jean-Jacques Rousseau                                                Thomas Hobbes

 

Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) regrettait, que l'homme naturellement bon, soit dépravé par la société. Thomas Hobbes (1588-1679) avait pris le contrepied, pour lui l'état de nature doit céder à l'Etat, seul capable de mettre fin aux violences naturelles :"Aussi longtemps que les hommes vivent sans un pouvoir commun qui les tient en respect, ils sont dans cette condition qui se nomme la guerre ".

C'est dans des conditions historiques bien particulières que Marat fait l'éloge de la violence : "C'est par la violence qu'on doit établir la liberté et le moment est venu d'organiser momentanément le despotisme de la liberté".

 

 

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Nous ne sommes plus en 1793, nous vivons en démocratie et ce serait la mettre en danger que d'ajouter à l'affaiblissement de notre résilience minée, par la durée de la crise, que d'ajouter une violence spontanée ou préméditée.

J'ai pu mesurer, pendant la guerre d'Algérie, ce qu'apporte la violence quand elle devient le mode ordinaire d'expression de nos désaccords et de nos contentieux.

 

Pierre Merlhiot

 

PS : Et si le virus avait au moins la bonne idée de respecter, comme nous, la trêve de Noël.

 

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Demain : un petit point gourmand pour la nuit de Noël.



12/12/2021
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