Terre de l'homme

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Hommage au corps médical

 

pasteur                                                                    Pasteur et le vaccin

 

 

Terres de Nauze avait, dès le début de la pandémie, rendu hommage au professeur Malvy et à l'ensemble du corps médical.

 

Il convient aujourd'hui de renouveler cet hommage sans établir de hiérarchie dans le mérite : médecin, infirmier(e), aide soignant(e), prennent le même risque au contact des malades.

 

Toutes et tous ont gagné leur crédit au cours de nombreux conflits armés, guerre de Crimée, Grande Guerre, Guerre d'Indochine..., au cours desquelles furent largement médiatisées les figures de Florence Nightingale et Geneviève Gallard. Mais les champs de bataille ne sont pas les seuls théâtres d'opération : l'hôpital, l'EHPAD, la maison, sont des lieux où l'on pratique la médecine sans être en pleine lumière.

 

soldat blessé                                               Geneviève de Galard, infirmière en Indochine

 

 

Il serait souhaitable que le surcroît de travail et de risques, exigé par la lutte contre le virus, se traduise par un effort supplémentaire de l'Etat (création de postes - amélioration des salaires...).

René Magnon, en 2003, dans son livre "Les infirmières, identité, spécificité, soins" et en particulier au chapitre IV "Les infirmières en quête de reconnaissance sociale" pressentait le rôle de plus en plus important qu'infirmier(e)s et aide(s) soignant(e)s auraient à jouer.

De très bonne heure, l'opinion publique ne s'y est pas trompée, en employant le terme de "bon docteur" pour ceux ou celles qui ne comptaient pas leur temps ou ne se faisaient pas payer. Ce jugement n'est pas exclusif des mérites de l'ensemble du corps médical.

 

Ce ne fut pas toujours le cas, du Moyen-Age au 18ème siècle, où la médecine s'appuyant sur la théorie des humeurs d'Hippocrate, amenait les docteurs à des pratiques inefficaces ou dangereuses (purgatifs - saignées - diurétiques). Dès lors, la prétention s'ajoutant à ces erreurs, les médecins devinrent une cible. De "La farce de maître Pathelin" (vers 1456-1460) au "Le médecin malgré lui" (1666) et "Don Juan" (1665) de Molière, la satire s'en donne à coeur joie. "Le docteur Knock ou le triomphe de la médecine" de Jules Romains (1921) fait exception dans une littérature devenue bienveillante.

 

Ce temps de la satire n'est plus. Depuis longtemps, le corps médical est respecté, aujourd'hui il fait l'unanimité.

 

infirmière et bebe

 

Si l'on trouve mon plaidoyer trop élogieux, je propose de relire le poème 'Le médecin" de Pierre Lachambeaudie né à Montignac (1806-1872). Fabuliste, chansonnier, poète, il eut un succès considérable. Couronné deux fois par l'Académie française. Disciple de Saint Simon et de Fourier, son engagement auprès des plus démunis, le conduit au bord du bagne pendant la révolution de 1848.

Il connaissait les misères du temps, le rôle social irremplaçable que jouaient les médecins de campagne. On peut sourire au côté dithyrambique de ce poème mais cet excès est à la mesure de l'admiration qu'il porte à une profession qu'il a vue à l'oeuvre en Dordogne. Le style oratoire prophétique, emphatique, lyrique, était de mise à cette époque.

 

Pierre Merlhiot

 

Voici quelques stances du poème "Le médecin" de Pierre Lachambeaudie :

 

lachambeaudie

   Portrait de Pierre Lachambeaudie par Philippe Felix Dupuis

(musée d'art et d'archéologie du Périgord)

 

 

Le médecin

Honneur à ces mortels dont le noble courage

Des fléaux destructeurs ose braver la rage,

Dont le bras toujours fort lutte avec le trépas !...

Gloire à ces demi-dieux !..leur science profonde

Vaut mieux que la richesse où notre espoir se fonde ;

Leur sourire est le seul qui ne trahisse pas.

 

Vous qui volez partout où gémit la souffrance,

A chaque désespoir offrant une espérance,

Ma muse vous préfère aux plus vaillants guerriers.

Hommes aux doux regards, aux suaves paroles,

Anges qui sur vos fronts portez des auréoles,

Acceptez mon hommage et mes frêles lauriers.

 

Sous deux manteaux sacrés je vous vois apparaître :

Le manteau d'Hippocrate et la robe du prêtre

Entrelacent pour vous leurs replis fraternels ;

Car ainsi que nos corps vous sauverez nos âmes,

Et vous saurez mêler, mystérieuses flammes,

Aux secrets d'ici-bas les secrets éternels..

 

Fidèle au malheur dont le cri vous réveille,

Vous visitez l'asile où la charité veille,

L'humble paille du pauvre et l'édredon des rois ;

De l'enfant au berceau, du vieillard qui chancelle,

Quand s'éteint par degrés la dernière étincelle,

De l'agonie en pleurs vous allégez la croix.

 

Quand l'horrible typhus, la peste au souffle immonde,

Va dévorant sa proie et décimant le monde,

Dans ses flancs ténébreux vous fouillez tour à tour,

Et le fléau terrible, aux ailes redoutables,

O prodige ! ô bonheur ! vous trouve invulnérables,

Et vous sortez vivants des ongles du vautour !..

 

Oh de l'humanité vous êtes les apôtres

L'astre de votre gloire éclipse tous les autres ;

Au fond de tous les coeurs vous avez des autels !

Et je veux  que bientôt le barde prophétique,

Evoquant de son luth la flamme poétique,

Divinise vos noms dans ses chants immortels !

 

Ami, vous êtes grands parmi ceux que je chante !

Grâce, bonté, génie, en vous tout nous enchante ;

Un archange du ciel se plut à vous bénir ;

Et sans doute une fée, agitant des corbeilles

Pleines de doux parfums et de blanches abeilles,

De mille talismans dora votre avenir !

 

....

 

 



26/11/2020
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