Terre de l'homme

Terre de l'homme

Le secret de l'isoloir

 

Pourquoi aller voter dimanche.

 

Voter n'est nullement une obligation, c'est tout simplement un privilège, un honneur et un droit.

Il faut aller voter tout simplement pour émettre une opinion, pour soutenir l'axe que l'on estime, à tort ou à raison, prioritaire et pour éviter que, demain, le vote ne soit décrété obligatoire.

En votant, les citoyens rendent hommage aux générations précédentes qui, depuis la grande Révolution, ont acquis ce droit civique.

 

 

Armand Fallières était un voisin de notre "Terre de l'homme". Ce sympathique républicain, de centre gauche, natif de Mézin, successeur d'Émile Loubet et prédécesseur de Raymond Poincaré, occupa l'Élysée de 1906 à 1913.

 

Il voulut être plus un arbitre qu'un tribun politique.

 

Homme de terrain, élu du Pays d'Albret, plusieurs fois maire de Nérac, il ne réussit pas à faire abolir la peine de mort.

Il nous laisse l'image d'un humaniste qui favorisa le secret de l'isoloir.

D'une modestie inhabituelle chez les hôtes élyséens, il préféra s'effacer en 1913 pour rejoindre ses vignes de Villeneuve-de-Mézin.

Armand Fallières — Wikipédia

 

 

 

Armand Fallières, débonnaire huitième président de la République, est l'artisan de la mise en place des isoloirs. Ainsi, même si l'on a, par faiblesse ou par hypocrisie, laissé entendre ou laissé supposer que l'on vote -ou votera- dans un sens quelconque, au dernier moment, grâce à l'isoloir, en dehors de toutes pressions, on peut faire le choix que l'on veut... y compris de voter blanc ou nul. Le bulletin secret du citoyen le plus humble, dans l'urne, pèse autant que celui d'un  citoyen appartenant à l'élite.

Quand grand-père, analphabète au grand coeur, se rendait à l'isoloir doté d'un bulletin confectionné à sa demande par son fils, mon père, et qu'il se découvrait devant l'urne comme un croyant se découvre en un édifice cultuel, il avait l'impression que son bulletin valait celui d'un riche paysan, du notaire ou du vétérinaire. C'est cela le fer de lance du suffrage universel.

Pourquoi voter, c'est tout simplement pour peser de tout son poids pour que le pouvoir soit l'émanation du suffrage universel et non de la violence de la rue.

 

 

 

Image © Pierre Alain Dorange. Wikipédia

 

Les dés sont-ils pipés... certainement mais pas toujours.

 

Certains disent, avec plus ou moins de raison, que les jeux sont faits, que "l'artillerie lourde" des puissants ne laisse quasiment aucune chance de voir triompher les aspirations des plus défavorisés. C'est, en partie, grandement vrai ; mais, en admettant l'intangibilité de cette théorie, jamais Jaurès, dans le Tarn, n'aurait pu défaire son concurrent et adversaire le marquis de Solages, baron d'Empire.

 

La France, le 28 septembre 1958, pour mettre un terme à une situation d'exception,  a implicitement adopté, sans que cela ait été défini, le régime présidentiel, balayant des décennies de pouvoir des assemblées. Les électeurs, le 28 octobre 1962, ont majoritairement adopté une règle du jeu qui fit de l'élection présidentielle, l'élection majeure de notre pays.  Ont-ils eu raison ou tort... c'est un autre débat.

On peut néanmoins remarquer que, dans notre pays, la richesse des impétrants est, semble-t-il, plus que largement ouverte grâce à de nombreux élus qui ont fait litière de leurs convictions intimes pour ouvrir le champ aux candidats en difficulté pour la collecte des 500 précieuses signatures. C'est maintenant aux électeurs qu'il appartient d'avoir le dernier mot.

Tous les votes, le vote d'affinité partisane, le vote protestataire, le vote de témoignage, le vote efficace et le vote dit utile concourent à la souveraineté de l'état. Le seul vote qui, néanmoins, est le plus cohérent, c'est le vote selon ses propres convictions. L'histoire récente de notre Vème République a démontré que de puissants courants, présumés pérennes -voire indestructibles-, sont partis ou prennent le chemin des poubelles de l'histoire.  

 

Pour celles et ceux qui estiment que leur sensibilité est en dehors du jeu, il reste encore un moyen civique de concrétiser sa déception, c'est le recours au vote blanc.

 

Pierre-Bernard Fabre



06/04/2022
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