Terre de l'homme

Terre de l'homme

Les intermittents des talwegs et les autres.

 

Les cours d'eau sont encore à la peine.

 

Imaginons un professeur de géographie au collège posant à ses élèves la question qu'est-ce qu'un cours d'eau.

Il paraît probable qu'il obtiendra en réponse : "Un cours d'eau est un écoulement terrestre d'eau liquide entre une source, voire plusieurs, et une embouchure ou une confluence avec un débit à module supérieur à zéro. Ce flux d'eau est souvent continu mais il peut être temporaire sur une assez longue durée. Le sillon ou talweg de cet écoulement est un chenal, généralement naturel. Il le relie soit à un autre cours d'eau soit à la mer". 

 

Un cours d'eau n'est pas forcément permanent. L'écoulement de la Couze n'est constant qu'à partir de Saint-Avit-Rivière. Sur un segment important, à la jonction Quercy-Périgord, le Céou disparaît. Cette rivière est karstique. Le Céou reparaît, avec un étiage sévère, de Bouzic à Castelnaud, sauf lorsque l'été est anormalement sec pour une longue durée.

 

CLIQUEZ SUR LES IMAGES 

 

Céou

 

Bruno, l'auteur de l'image ci-dessus, adore le Céou.

 

Avec un sillon de 55 km qui s'étire du village quercynois de Monfaucon à sa confluence avec la Dordogne à Castelnaud, le Céou sait être parfois fort agité, voire d'une ire destructrice, en 1960 le pont de Daglan fut emporté par sa furie, où, lors des étés secs et prolongés, devient une rivière phréatique.

 

Céou à sec

 

Le 12 0ctobre 2007, le Céou à sec à la Passerelle de Maison rouge, écart de Florimont-Gaumier. Photo © Pierre Fabre

 

Une rivière karstique est une rivière (ou un ruisseau) dont la source est dans une région karstique ou qui coule dans une zone de karst. Deux caractéristiques notables de l'hydrologie karstique sont les voies d'écoulement souvent inconnues et la grande variabilité des débits.

Le karst est une structure géomorphologique résultant de l'érosion hydrochimique et hydraulique de toutes roches solubles, principalement de roches carbonatées dont essentiellement des calcaires. Des structures karstiques se rencontrent en outre dans des chlorures évaporitiques. Des processus de type karstique, dits " pseudokarstiques ", peuvent aussi se développer dans certaines roches autres que les roches carbonatées ou les chlorures évaporitiques.

 

NAUZE ON T'

 

Le limbe nauzérois

 

 

Je sais, d'aucuns vont encore dire "Tu nous e... avec tes "pissadous".

 

Oui, nos cours d'eau sont encore à la peine. Constater que le Valech, entre les Pouges et Écoute-s'Il-Pleut, est toujours parfaitement à sec à Noël, laisse entendre qu'il faudra attendre de longues et fortes pluies pré-printanières pour voir son écoulement atteindre la confluence avec le Neufond.

 

Rappelons que la fragilité du Valech, si elle est, hélas, une constante, depuis près d'un siècle, n'était pas constatée vers 1920. Les garçons de Sagelat, Saint Germain, Carvès et Saint Laurent, juste après la Guerre de 14, allaient y pêcher les écrevisses, parfois en contournant les règles piscicoles. Ils sont absous, par 3 périodes de prescription, et aucun n'est encore de ce monde.

 

 

IMG_3439

 

La Nauze qui compte six affluents, trois de chaque côté, n'a plus guère que la Grille, ruisseau de 4 km, comme adjuvant pérenne. Photo © Pierre Fabre

 

 

IMG_3441

 

Photo © Pierre Fabre

 

https://terre-de-l-homme.blog4ever.com/ecoute-s-il-pleut-une-reaproption-linguistique-qui-peut-faire-debat-1

 

Remontons un peu vers les crêtes de partage des eaux Nauze-Lémance.

 

 

Beuze à Noël

 

La Beuze qui reçoit sur sa rive droite le Gaugeard, lui-même grossi du ruisseau Trompette, est, par sa longueur, le second tributaire de la rive droite de la Nauze. Elle est dominée de collines boisées. Parmi elles, on trouve "La Montagne".

 

C'est la nuit de Noël. Coucou la Beuze au pont de Barde à Sainte Foy. Suivons la vers sa fusion nauzéroise.

Photo © Pierre Fabre

 

 

IMG_3454

 

La Beuze, aux derniers jours automnaux, s'est rétablie. En amont du Moulin de Lastours, suivons le chemin de Malpas. Il borde la Beuze qui parcourt ses derniers hectomètres.

La Beuze, le second en longueur du limbe nauzérois, environ 8 500 m.,  qui a tari cet été vient de repartir ces jours derniers. Après plusieurs mois d'intermittence, elle coule à nouveau sous Sainte Foy de Belvès. Cette modeste rivière salue au passage l'éperon de La Barde, demeure chargée d'histoire.

 Photo © Pierre Fabre

 

 

 

Arrivons au hameau de Vaurez

 

 

Les Vaures, toponyme  désignant un terrain mouvant ou effondré (également un ravin ou une terre inculte), que l'on retrouve notamment dans le hameau de Vaur à Sainte-Fortunade en Corrèze. Quelques formes voisines : Vaure, Vaures, Vauret, Vaurette. Depuis longtemps, les Vaures, au pied de Belvès, ont échangé le s final par un z. La même retouche toponymique concerna Belvez devenu, pour plus d'un siècle, Belvès.

Photo © Pierre Fabre

 

Revenons à l'hydrographie.

 

 

La Grille, mince filet d'eau, qui va se déverser dans la Nauze, après un cours de 4 km, est le seul affluent nauzérois franchement pérenne.

Photo © Pierre Fabre

 

 

IMG_3473

 

Le Mamarel termine son parcours collinaire à Vaurez. Sa jonction avec la Nauze s'inscrit dans un croisement quadrangulaire avec la Grille. Les intermittences du Mamarel sont de plus en plus longues.

Photo © Pierre Fabre 

 

 

Afficher l’image source

 

Il y a des lustres que Branchat a perdu sa pérennité. Le Branchat s'étire sur 2 500 m du Colombier à l'ancien bourg de Sagelat. On n'ose pas le compter dans la liste des six affluents et pourtant il a tracé un joli sillon. Notons que La Veules, 1 149 m, le plus modeste fleuve côtier de France, permanent, est souvent cité, surtout dans le Pays de Caux où il signe un décor d'exception.

Sagelat. À quelques dizaines de mètres du Pont du Cra, le Branchat conflue avec la Nauze. Il attend de fortes précipitations pour renaître.

Photo © Bruno Marty

 

 

On notera que sur la rive gauche, le Raunel, le talweg épurateur de la Bessède, cette année, n'a pas tari. 

Monplaisant et Siorac, lieudit Raunel. Le Raunel va, dans 500 m, se fondre dans la Nauze.

Photo © Bruno Marty

 

PIerre Fabre

 

__________________________

 

 

Pour un billet ultérieur, j'oserais formuler l'ardent vœu qu'un grand ami de ce blog, il se reconnaîtra, nous emmène en promenade en suivant le Tardoire, qu'il connaît bien, et le Bandiat. Ces deux rivières sont de fascinantes figures d'exception de notre réseau hydrographique.



26/12/2022
9 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 207 autres membres