Terre de l'homme

Terre de l'homme

Odette a rejoint Jacky.

Le Bas de la Côte

 

MONPLAISANT

 

Odette Lecordier

 

 

Odette Lecordier-Manchotte nous a quittés, le vendredi 25 novembre, à l'EHPAD de Belvès.

 

Au Bas de la Côte, elle vit le jour, dans la maison familiale, le lundi 15 avril 1940.

 

C'est  dans cette ferme où elle passa son enfance, qu'à portée de voix, les gens du hameau ont connu, le 24 juin 1944, la sauvagerie brutale et ignoble d'intrus indésirables. Ils se manifestèrent là, en assassinant quatre jeunes partisans. Henri Lecordier, le père d'Odette, courageusement, avec ses voisins,  sont  allés recueillir les corps des malheureux pour qu'ils aient une sépulture.  À la Libération, un autre moment fort douloureux accabla le foyer des Lecordier, en emportant la cadette de la fratrie de  la maisonnée.

La vie reprit son cours. Odette devint écolière sur les bancs scolaires sagelacois. Elle passa, avec succès, le certificat d'études, en 1954. À l'époque, dans les écoles rurales, seule une minorité d'élèves accédait au secondaire. Odette fut donc de ces générations qui terminaient le cursus éducatif à 14 ans. Devenue adolescente, elle suivit donc Gisèle, son aînée, sur le chemin de la Filature fongauffiéraine du Moulin du Cros. Là, elle prit contact avec le monde du travail. Boute-en-train et d'un esprit jovial, elle s'intégra, elle, la benjamine du collectif lainier, dans un monde où elle participa avec allégresse au travail d'équipe.

Simon, dit Jacques, avait pour Odette une franche attirance juvénile. Après sa période quinquennale dans la Marine nationale, il rentra au pays et passa au pied des Maures, une paire d'années dans un village du Touring club de France. Après son échappée azuréenne, il franchit le pas… alors, leurs destinées se mêlèrent.  C'est Fernand Garrouty, le maire de Sagelat de l'époque, qui a recueilli, en 1961, le oui fusionnel. Le cortège nuptial évolua à pied, dans la liesse, dans ce sillon nauzérois. Ce fut le dernier qui conserva pédestrement cet entrain populaire, dans la plus parfaite simplicité, comme le faisaient les générations précédentes.

Pour  les premières années de vie commune, le couple se fixa dans la région parisienne… mais l'air du pays manqua. Odette et Jacky revinrent au cœur des années 60, se fixer au Bas de la Côte. Là, ils reprirent les locaux que la famille avait gracieusement offerts, pour le départ théâtral de la troupe de Sagelat, et ils donnèrent à ce décor son originale harmonie.

La vie commune d'Odette et Jacky a trouvé son point d'orgue avec la venue, au Petit-Clamart, en 1962, de  Marie-Christine. Elle a donné la meilleure joie au couple.

Odette fit carrière au collège de Belvès comme agent de collectivité. Elle a dû faire face à bien des problèmes de santé. Ils ont, hélas, largement altéré une retraite qui était pourtant bien méritée.

 

Odette, le 1er décembre, a rejoint Jacky dans la sépulture sagelacoise où il repose depuis avril 2016.

 

"Terres de l'homme" tient à témoigner sa sympathie à Marie-Christine, sa fille, à Alain, son gendre, à Gisèle, sa sœur, et à tous les proches de la défunte.

 

Pierre Fabre



06/12/2022
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