Terre de l'homme

Terre de l'homme

Quels hommes de science ont, en premier, mesuré le quart du méridien.

 

 

Nous savons tous que notre bassin de vie, Pierre Merlhiot s'est plu, avec une belle pertinence, à définir  son lien "Terre de l'homme", est traversé par le 45ème parallèle. Cette ligne arbitraire de partage de l'hémisphère nord, matérialisée par une borne au lieu-dit Fumel, écart de Mauzens-Miremont, pointe cette quasi-exactitude d'équidistance entre le pôle nord et l'équateur. Ce qui échappe à certains d'entre nous, c'est qu'à 3 200 m des limites du département, tout près de Moulin-Neuf, à Pierre Perrin, écart de Puynormand, aux abords de l'A 89, notre parallèle croise le méridien, dit de Greenwich. Cette autre ligne parfaitement arbitraire, reconnue par l'ensemble des nations, a été retenue pour des raisons scientifiques. En France, on suit notre méridien, il a écarté de peu le Méridien de Paris, de la côte de la Manche à Villers-sur-Mer, au cœur de la Côte Fleurie, aux Pyrénées. Après avoir frôlé Tarbes à Ibos, il quitte l'hexagone dans le cadre grandiose de Gavarnie-Gèdre.

Il y a 178.61 kilomètres, en distance orthodromique, entre Paris et Villers-sur-Mer.

 

Il y a quelques mois, j'ai abordé, à la marge, la rotondité de la Terre. Je n'ai point évoqué, dans ce sujet, les deux génies du XVIIIème siècle qui sont à l'origine de notre mètre étalon et qui, pour ce faire, sont partis de la mesure du méridien terrestre ou plus exactement de son quart. 

 

 

Bray Dunes

Au tout début des années 50, pour donner un ordre d'idée aux écoliers de la dimension de la France, on leur disait qu'il y avait 1 000 km de Dunkerque à Perpignan, ce qui est assez proche de la réalité.

 

En fait, la distance orthodromique entre Bray-Dunes et le Col d'Arès est de 967,86 km. On est dans la mesure de cet axe vertical, très près des 1 000 km de la Mer du Nord à ce col cerretain.

 

Cette ligne verticale, ci-dessous, est très proche de la figure du Méridien de Paris.  

Cliquez sur l'image.

 

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C'est donc sur l'invitation de Pierre Merlhiot, le créateur de ce blog, que je reviens vers cette avancée rationnelle qui déboucha sur une simplification de notre vie courante. Dans un autre billet, je vais essayer d'aborder les travaux d'un autre acteur de cette révolution scientifique, en mettant en relief le personnage de Charles de Borda qui a laissé son nom au Lycée de Dax et qui, de nos jours, est hélas entré, y compris dans sa Chalosse natale, dans le vaste champ de l'oubli.

 

P-B F

 

 

La mesure de toute chose - partie 2 - comment on en est arrivé au mètre -  Podcast Science

 

Pierre Méchain et Jean Baptiste Delambre.

Image https://www.podcastscience.fm/dossiers/2013/02/07/la-mesure-de-toute-chose-partie-2-comment-on-en-est-arrive-au-metre/

 

Tout un chacun sait que parmi les points positifs de la grande Révolution française, on trouve ce chantier colossal d'unification des mesures. Ainsi on n'apprécie plus la surface d'une aire en arpents, on ne pèse plus en livres et on a su, à un mètre près, trouver la longueur des méridiens. Si nous savons tous que le tour de la Terre mesure approximativement 40 000 km, nous savons aussi que notre planète est une sphère imparfaite et qu'il faut bien considérer les tout petits détails que l'abbé Jean  Picard avança en 1671. Il soutint que notre planète n'est point parfaitement sphérique et, quelques années plus tard, vers 1675, Robert Hooke affirma que du fait de leur mouvement de rotation, toutes les planètes sont des ellipsoïdes aplatis. Isaac Newton, mathématicien, physicien, philosophe, alchimiste, Newton, en 1687, compléta ces théories en validant la forme ellipsoïdale due à la rotation planétaire.   

Il revint à la grande Révolution française de trouver un système que les Révolutionnaires voulaient universel pour mesurer les distances et les masses. Les Anglo-Saxons qui n'avaient pas particulièrement envie de valoriser les acquis de notre révolution, n'ont pas adopté toutes les avancées de cette époque.

 

Nous n'étions pas encore en République et c'est par la volonté de Louis XVI, qui s'est rangé à l'avis de Lavoisier, que l'unité de longueur est devenue la dix millionième partie du quart du méridien terrestre". La mesure de l'arc de méridien Dunkerque-Barcelone, nécessaire à la fixation du mètre étalon, se déroule en pleine Terreur ... Un exploit digne d'admiration...

 

 

C'est seulement au cours de l'été 1792 que Jean-Baptiste Delambre et Pierre Méchain sont en possession de leur ordre de mission ; le premier devant mesurer l'arc Dunkerque-Rodez. Il n'est évidemment pas question de déplacer des règles entre ces deux villes : outre que le travail aurait été fastidieux, la géographie ne l'aurait pas permis.

 

La méthode consiste à mesurer une base d'environ onze kilomètres entre Melun et Lieusaint. Delambre dispose à cette fin de quatre règles de platine, ces règles " numérotées " étant portées par des pièces de bois peintes de couleurs différentes, avec des trépieds que des vis permettent de caler.

 


La base est alors l'origine d'une opération de triangulation. Ainsi, à partir des extrémités de cette base, Delambre vise Malvoisine. De la mesure des angles, il déduit la distance Lieusaint-Malvoisine et celle-ci constitue la base d'un nouveau triangle dont le sommet sera Montlhéry.

Des triangles formeront ainsi une chaîne ininterrompue, le long de la méridienne...

 

 

 

 

Image https://www.lelivrescolaire.fr/page/7163834

 

Jean Baptiste Delambre et Pierre Méchain, deux génies de cette époque, par la méthode de la triangulation, ont mesuré avec précision la longueur d'une portion du méridien terrestre passant par Dunkerque, Paris et Barcelone, en toises, unité de l'époque. Ils partent chacun de Paris dans des directions opposées. ... Leurs résultats donnent alors une valeur du mètre, fixée à 0,513 074 toise.

 

Il s'agit, bien sûr, d'un exploit scientifique. Il se fit en dépassant les comportements qui contrariaient les missions scientifiques. La France vivait l'un des épisodes les plus stupides de son histoire avec la Terreur, voulue et imposée par des maximalistes qui ont bien failli faire sombrer toute l'œuvre de la grande Révolution. L'Espagne venait de déclarer la guerre au pays où d'audacieux visionnaires venaient de rédiger la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen.

 

C'est dans ce tumulte qui laissait aussi bien peu de place à la science que Jean Baptiste Delambre et Pierre Méchain, défiant les difficultés de leur mission, ont avancé au péril de leur vie. N'oublions pas que Lavoisier, en 1794,  ne put sauver sa tête devant le Tribunal révolutionnaire. Ce génie de la science fut guillotiné en dépit des interventions qui se sont portées en sa faveur.

 
 

http://clea-astro.eu/lunap/Triangulation/TriangCompl1.html

https://www.lelivrescolaire.fr/page/7163834

 

 



04/12/2021
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