Terre de l'homme

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Sur les pas d'Anaïs

 

Qui était Annie Delpérier.

 

Figure de proue de  la poésie en Périgord cette grande humaniste, fille d'instituteurs, vit le jour après La Libération dans la Double prés d'Échourgnac. Elle nous a quittés, le 23 mars 2019, sur le côteau de Pécharmant.  Elle laisse  des essais et plusieurs études dont "La poésie féminine". Elle  a fait venir à Bergerac des hommes de plume de diverses sensibilités. Citons Andrée Chédid, Alain Decaux ou Marcelle Delpastre. Elle a "ferraillé" pour que les personnes qui, par leur culture, ont marqué la vie de leur cité, que ce soit à Bergerac, Laforce ou Issigeac, soient pérennisées.

Annie Delpérier

 

 

Suivons sa critique d'Anaïs Monribot, elle date du 20 novembre 2010. 

 

Vieille bigote n'ayant jamais quitté son village, Anaïs Monribot, héroïne du célèbre roman de Guy de La Nauve, est une vieille fille friande de ragots, grande colporteuse elle-même de médisances en tous genres. Son petit commerce lui permet de se repaître de l'actualité journalière d'une bourgade périgordine dont elle connaît l'histoire sur le bout du doigt. Personne n'a jamais trouvé grâce aux yeux de cette mauvaise langue pétrie d'idées reçues. Méchante, avare, jalouse et merveilleusement hypocrite, Anaïs Monribot a d'autre part conscience des nombreuses convoitises qu'éveille son magot. Faisant miroiter avec une habilité diabolique des testaments futurs, elle va donc exploiter, tyranniser, manipuler ceux qu'elle a percés à jour avec une détermination et un cynisme à toute épreuve. Mais pourquoi tant de haine ? Ce roman réjouissant, né d'une longue observation de la vie villageoise, reste une référence drolatique difficile à égaler. L'histoire témoigne d'un temps pas si lointain où les cancans n'avaient pas la télévision pour rivaliser avec eux. C'est son arrivée qui révolutionnera véritablement cet aspect de la vie provinciale. L'écriture reproduit en outre nombre d'occitanismes qui ont durablement accompagné l'usage du français durant les décennies qui ont suivi l'abandon de la langue occitane. Une lecture très amusante.

 

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Il n'y a, bien entendu, rien à redire sur la critique d'Anaïs Monribot qui correspond parfaitement au personnage, totalement imaginaire, que Guy de La Nauve a décrit dans son roman. Qu'il me soit permis d'ajouter que les ravages de la Guerre de 14 avaient précipité de vie à trépas un cinquième des jeunes hommes. Beaucoup de jeunes filles de l'époque sont restées célibataires, non par choix d'émancipation, comme aujourd'hui, mais par les circonstances. C'est pour cela que l'épithète de "vieille fille" me semble désobligeant et injuste. Ces personnes devenaient souvent acariâtres. La plume de Guy de La Nauve a exploité à merveille ce mélodrame. 

 

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Des Belvésois sous la plaque de Guy de La Nauve.

Photo © Pierre Fabre

 

Après la Libération germa l'idée de faire un film d'Anaïs Monribot. Elle n'aboutit pas..

Divers noms ont été avancés dont Fernandel ou Charpin, pour interpréter le notaire. Il manquait l'actrice phare de ce mélodrame. Avec le recul ce rôle aurait pu revenir à Alice Sapricht qui, bien aprés, a excellé, en 1971, en devenant l'odieuse Folcoche dans Vipère au poing de Pierre Cardinal.

Il lui aurait fallu faire des efforts de diction pour paraître périgordine mais notons que Louis Jouvet a parfaitement réussi en interprétant Marius de Pagnol.

 

P.F

 

 

 

Dans la semaine, ce blog, qui s'étoffe de jour en jour, vous présentera un de ses nouveaux membres. Occitaniste convaincu le Majoral Jean-Claude Dugros parcourt les entités de Terre de l'Homme pour soutenir notre belle langue. Elle fut celle des cathares, de Jasmin, de Roumanille et  de Mistral. Elle n'est pas un patois mais le bel et riche idiome des troubadours, des artistes, des poètes, des libertaires... et de nos ancêtres.



19/12/2020
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