Terre de l'homme

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Une journée perdue

seul dans la neige

 

J'ai  lu avec beaucoup d'intérêt, l'article sur Joseph Maraval, conseiller général du canton de Villefranche de Belvès de 1886 à 1892.

J'ai dit dans un commentaire, tout le bien que je pensais de l'homme et de sa profession de foi.

La curiosité m'a conduit à savoir qui était conseiller général, à la même époque, du canton de Saint-Cyprien :

- de 1871 à 1889 : Antoine Escande, médecin, républicain, député maire de Saint Cyprien

- de 1889 à 1901 : Joseph Télémaque Bonnefond, républicain, propriétaire au Suquet, Coux et Bigaroque.

Ces patronymes sont fréquents en sarladais, peut-être connaissez-vous des descendants de ces deux élus ?

Etre élu est une expérience passionnante, mais être candidat n'est pas toujours un chemin parsemé de roses.

N'ayant plus de mandat depuis près de 20 ans, je m'autorise à vous faire une confidence sur une journée à oublier.

Prématurément candidat (je m'en rendis compte par la suite) à une élection législative, je commençai ma campagne par une réunion dans une commune du nord-est du département, commune dont, par courtoisie, je tairai le nom. Je fis la veille, la moitié du chemin. Mes parents m'accueillirent. Je mis à profit le froid de ma chambre et mon insomnie pour préparer mon intervention. La neige et le verglas m'incitèrent à la prudence. Le hasard fit que je rencontrai sur ma route, mon principal adversaire, victime du verglas. Je lui portai secours. De ce fait, j'arrivai en retard au point de rendez-vous où m'attendaient deux vieux militants, un ancien gendarme et un chef d'entreprise à la retraite, militants aux idées chevillées au corps comme on en fait peu.

Ma première réunion eut lieu dans une salle de classe, glaciale, où nous attendaient deux conseillers municipaux au visage fermé, ne cherchant pas à masquer leur hostilité.

En clair, nous n'étions pas les bienvenus. Ils étaient là en service commandé pour nous ouvrir la porte.

J'eus le malheur d'aborder la réunion sur le bien-fondé de la suppression de la peine de mort. Non seulement, les deux élus, silencieux jusque là, me firent savoir sans retenue leur opposition mais mes deux camarades, d'une façon inattendue, s'exonérant de la solidarité de parti, firent chorus avec eux.

Tout à coup, je me sentis seul. Je pris sur le champ le chemin du retour, empruntant la même route enneigée et verglacée.

 

Il y a des jours où il vaudrait mieux rester couché.

 

PS : Je ne sais pourquoi cette journée me fait penser à un poème d'Alfred de Musset : " Une soirée perdue"

J'étais seul, l'autre soir, au Théâtre Français,

Ou presque seul ; l'auteur n'avait pas grand succès.

Ce n'était que Molière........

 

Pierre Merlhiot



01/02/2021
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