Terre de l'homme

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Une maladie infectieuse venue de Chine

      

  covid

 

Jacques Lannaud, un adhérent de Terre de l'homme dont on a déjà pu apprécier les commentaires dans ce blog, et par ailleurs ancien praticien, nous adresse un article sur ce virus qui a bouleversé nos vies et fait le point de façon très éclairante sur l'évolution des connaissances à son sujet.

 

 

Elle était demeurée silencieuse pendant des siècles et, sans doute, des millions d’années et voilà que des chauves-souris des forêts de Wuhan ont transmis le virus SARS-COV2 à d’autres animaux et sur le marché de la ville à l’homme.

 

Ainsi, naissent les pandémies véhiculées d’un continent à l’autre par l’homme qui est devenu réservoir et vecteur.

 

Tout a été dit, du vrai mais surtout du faux car, finalement, personne ne connaissait ce coronavirus dont les effets ne ressemblent guère aux coronavirus déjà connus, sévissant en hiver, entraînant rhumes ou rhinopharyngites.

 

Mais des esprits audacieux ont cru devoir apporter des jugements péremptoires, en se basant sur des données non vérifiées du point de vue scientifique et sur leur seul vécu. Des infectiologues de haut niveau, des virologues, des épidémiologistes n’étaient pas toujours aussi sûrs dans leurs affirmations.

 

Finalement, la prudence, la sagesse et l’intelligence de médecins spécialistes confrontés à la maladie, ont mieux appréhendé et mieux caractérisé cette maladie dans son apparition et son évolution.

 

Il est demeuré quelques incorruptibles comme Trump ou Bolsonaro et l’on voit, maintenant, dans quel état se trouvent leurs concitoyens : une catastrophe tant aux Etats-Unis qu’au Brésil. Pour eux, c’était une « grippette » très passagère jusqu’à ce qu’eux-mêmes aient été atteints. Voilà où nous entraînent des ego démesurés voire pathologiques.

 

Certes, cela commence par un état grippal : céphalées, courbatures, toux, fièvre, fatigue, rhino-pharyngite.. mais, des médecins se sont vite inquiétés de l’apparition de signes troublants et persistants comme la perte du goût et de l’odorat, laissant augurer d’une attaque neuro-méningée ?

A ce stade et ultérieurement, aucun traitement à base d’antibiotiques ou d’anti-viraux n’a été efficace. On s’est rabattu sur les drogues habituelles et très consommées tels Doliprane ou autres….

Pour pas mal de gens, l’attaque s’est estompée au bout de plusieurs jours sans laisser de séquelles avec chez certains, une petite gêne respiratoire, des troubles digestifs mais rien de très méchant. Les enfants, nous disait-on, étaient naturellement protégés, peut-être par les anticorps de coronavirus hivernaux connus, les jeunes, aussi, semblaient résister à l’épidémie.

 On s’est aperçu assez vite que cette maladie virale pouvait avoir des conséquences graves dans des populations particulièrement exposées et à risques : les asthmatiques, les bronchopathies chroniques, tous ceux ayant fait des affections broncho-pulmonaires importantes (pneumonie, pleurésie, embolie, des suites d’accidents de la cage thoracique ou déformations cypho-scoliotiques avec capacité respiratoire diminuée…) ou bien diabète, obésité, hypertension, maladies cardiaques, cancers, hémopathies avec traitements éprouvants et tout affaiblissement de l’organisme .

 

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Les complications peuvent être redoutables car le virus a, naturellement, un tropisme positif pour l’arbre broncho-pulmonaire et les poumons qu’il envahit, provoquant, à la suite, un syndrome d’insuffisance respiratoire aigu, compliqué d’une réaction immunologique de défense que vient aggraver une inflammation aigüe. C’est une situation hyper complexe demandant rapidité d’action, le malade respirant très mal et s’épuisant très vite, son taux d’oxygène dans le sang s’effondre et, en état d’hypoxie, il est urgent d’y remédier.

Le malade est-il déjà hospitalisé, en tout cas il est grand temps de le faire et de le transférer en réanimation.

 

J’ai déjà mentionné que l’on n’avait aucun traitement efficace et vous savez comme moi que beaucoup de tentatives ont été faites avec des molécules complexes dont le Remdésivir dont une étude internationale vient d’être publiée indiquant l’inefficacité du produit contre SARS-COV2, heureusement non commandé par la France(le Monde du 28/11/2020) etc..et, finalement, très décevantes.

 

Je passe sous silence la Chloroquine dépassée dans les cas compliqués et même aux résultats très discutables en phase débutante. Le seul médicament ayant eu un effet important notamment sur l’inflammatoire, est très ancien, c’est la dexaméthasone administrée à dose importante.

 

Naturellement, l’oxygénothérapie s’avère capitale.

Vous parlerai-je un peu plus en détails de celle-ci ? Deux méthodes existent : l’une, c’est l’oxygénation directe qui  délivre le gaz à pression élevée autour de 7 ou 8/l en continu, sous cloche,  ou  masque adhésif avec ou sans lunettes ;  l’autre, c’est l’intubation, tube introduit dans la trachée artère, diffusant l’oxygène à haute pression sous ventilation mécanique car nécessitant la curarisation des muscles respiratoires. Cette ventilation assure l’expansion des poumons et de la cage thoracique puisque le réflexe respiratoire ne fait plus obstacle. Dans la respiration normale réflexe, au repos, seul est mobilisé autour de 50% des poumons, dans l’effort, la respiration se fait plus ample, le poumon est sollicité jusque dans ses culs-de-sacs inférieurs, c’est le cas chez le sportif.

La corthicothérapie censée enrayer le syndrome inflammatoire, permet une meilleure diffusion et pénétration de O2 dans la bronchiole au bout de laquelle se trouve la petite alvéole à paroi ultra fine, micro ballonnet gonflé par le gaz sous pression. De l’autre côté de cette fine paroi, se trouve un fin réseau sanguin où le sang circule lentement avec d’un côté, le sang veineux plus sombre et de l’autre, le sang qui s’oxygène et chasse le gaz carbonique rejeté  par le jeu des pressions qui déclenche les échanges gazeux de part et d’autre de ces fines parois ; l’oxygène se fixant sur l’hème (molécule de fer)  contenu dans le globule rouge,  ce qui permet son transport dans tout le corps, notamment le cerveau le plus à préserver. 

Le taux de saturation d’O2 dans le sang se situe autour de 98% ou plus, normalement et chez les malades, le danger se situe autour de 90% ou moins.

 Voilà pourquoi, la réanimation nécessite une surveillance de tous les instants, 24h/24, et ce pendant des jours et des jours, puisque ces patients peuvent y rester jusqu’à 3 semaines.

 

La charge et la responsabilité pour le personnel soignant est énorme et nécessite une grande vigilance pour rectifier et corriger les paramètres. On comprend, aisément, qu’il en résulte des états de fatigue qui demandent récupération .

 

L’état d’immunité collective est loin d’être atteint et ne le sera pas avant longtemps.

A court ou moyen terme, le seul espoir d’enrayer la maladie et de protéger la population dans l’espérance d’une reprise normale des activités, c’est la vaccination. Cela se précise et si les vaccins annoncés obtiennent le feu vert de nos Agences nationales , je me ferai vacciner ainsi que mon épouse. Je pourrai faire part de mon expérience personnelle.

 

L’on a beaucoup appris et maintenant, on intube beaucoup moins les malades. L’oxygénothérapie directe s’est avérée payante autorisant la sortie plus rapide des patients qui continuent le traitement à domicile, le temps nécessaire.

 

Mais, la maladie est loin d’être terminée.

 

Il y a nécessité d’une longue récupération de la fonction respiratoire et une remusculation pour se réhabituer à la marche.

Les séquelles sont multiples car la maladie retentit sur le moral, l’anxiété et l’angoisse restent présentes et la surveillance doit s’exercer car il y a chez certains, des complications pulmonaires qui persistent : images en verre dépoli à l’IRM traduisant l’existence de zones ne respirant plus, pouvant entraîner une insuffisance respiratoire qui ne se récupèrera pas à 100%.  

Séquelles chez les jeunes, aussi, dues surtout au confinement : on parle d’une augmentation sans précédent d’états dépressifs, de tentatives de suicides, de l’augmentation de 150 à 200% des consultations de pédo-psychiatrie, jeunes qui se déconnectent des relations sociales et se fixent sur  leurs jeux électroniques, déconnexions sportives, de la lecture et autres activités intellectuelles…

 

Au final, bien se protéger en respectant les gestes barrières, faire preuve de responsabilité collective et garder la forme et l’optimisme.

 

Jacques Lannaud

Ancien praticien

                                   

 



29/11/2020
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