Terre de l'homme

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La coordination des odonymes... dans une impasse globale.

Il faudrait éviter de nommer une voie publique en l'associant au toponyme de sa direction, car, dans un bassin de vie, on pourrait trouver des routes ou des chemins distincts portant le même odonyme et, ainsi, susciter le questionnement de différenciation. C'est certainement valable pour les directions de villes importantes mais aussi pour les modestes cités qui constituent des pivots de convergence. On trouve, par exemple, diverses sections de routes départementales désignées localement route de Monpazier.

Quand Michel Ribatet, chargé de préparer bénévolement l'adressage de la commune de Monplaisant, imagina la route de La Lenotte, il n'y avait pas de risque majeur de confusion avec les communes périphériques. Il n'en est pas de même pour les multiples voies identifiées route de Périgueux.

Une vieille maxime dit "gouverner c'est prévoir". L'adressage, défini aujourd'hui, doit pouvoir durer pour les siècles suivants. Il faut donc prévoir qu'à l'avenir, des communes qui, aujourd'hui, semblent pour longtemps figées dans leur périmètre peuvent fusionner avec leurs voisines.

 

La rue du Landy, commune à trois communes franciliennes est l'exemple concret d'un odonyme qui correspond à la réalité historique et géographique. Elle passe sans problème d'une commune à l'autre.  

 

 

Notre R.D. 710, jadis R.N. 710, commence à Ribérac. Son premier segment suit la Dronne pendant 14 km jusqu'à Tocane avant d'entailler les collines pour atteindre son point le plus élevé, alt 197 m, au cimetière de Mensignac. Elle redescend ensuite vers Chancelade. Son second segment s'étire sur 18 km. Après elle s'efface pour la R.D. 939, ex R.N. 139, que les Pétrocoriens appellent route d'Angoulême.

 

On notera que pour son premier segment, source Géoportail, elle s'appelle route de Périgueux, puis à Tocane route de Ribérac, puis de Royan, puis bd Charles Roby, à nouveau route de Périgueux. À Mensignac et à La Chapelle-de-Gonaguet, elle alterne entre route de Ribérac et de Périgueux. On aurait pu, tout simplement, lui donner un odonyme assembleur tel route de la Dronne ou des Planches de la Jourdonnie.

 

Elle s'efface à Chancelade juqu'à Niversac. Là elle repart avec route de Sarlat, au niveau des Versannes, puis route du Bugue à la sortie de Ladouze. Après Ladouze sur sa section lacroptoise elle prend l'odonyme de route des Armelles* et,  enfin,  redevient route de Périgueux, au nord du Bugue.

Pour ce segment long de 30 km, un odonyme sylvestre valorisant les bosquets épars de la Forêt barade aurait pu rassembler tout le monde !

 

 

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Route des Armelles

 

 

La R.D. 710  et  son adjacente la R.D. 45. en limite de La Douze et de Lacropte.

 

Au Bugue, deuxième effacement jusqu'à Siorac.

 

 

De Siorac à Mazeyrolles, l'odonyme de route des moulins, validé par les édiles locaux, avec cependant une inconnue pour Belvès, semble tenir la route.

 

Après l'ultime effacement, de Mazeyrolles à St Cernin, la R.D. 710 au rond-point de la gare de Villefranche épouse le creuset de la Lémance jusqu'à son aboutissement dans le Fumélois.

 

Nous sommes loin de l'unicité assembleuse de la R.N. 4 qui, de Paris à Strasbourg, réunit la capitale à l'Alsace avec l'odonyme de Route de l'Est. 

 

 * Armelle signifie "prince" et "ours" en celte. Histoire : Saint Armel était un ermite gallois qui est venu évangéliser l'Armorique au VIe siècle. Il y fonde le monastère de Plouarzel.



05/01/2022
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